(#030) Sur ces séances qui se passent mal.

Il y a des choses qu’on rencontre tous. Qu’on soit cavalier de club, cavalier demi-pensionnaire, cavalier propriétaire, on se heurte tous un jour où l’autre à une séance qui se passe mal.

Tu ne sais pas pourquoi ce jour-là mais rien ne va : tu perds tes étriers, il pleut, il fait trop froid, il fait trop chaud, le poupou est casse-pied, ton coach te hurle dessus, le tapis se barre en sucette, le goudron se renverse sur ton pantalon… C’est une calamité ! Et sur le moment, c’est loin d’être drôle. (Sinon tout se passerait bien ! :D)

Le pire dans l’affaire, c’est que tu ne comprend souvent pas pourquoi ça ne va pas ni ce qui peut bien clocher. « Mais la semaine dernière, tu le faisais très bien, poney ! » Et aujourd’hui il te marche sur les pieds, a peur de tout, te fait mal… Du coup, tu le grondes, il se braque, tu te braques, et c’est la fin. Et  plus tu t’énerves et moins ça fonctionne. Et ça t’énerve encore plus.

Bon évidemment, il n’y a pas de recette miracle anti-mauvais-jours et on finit tous par s’y frotter… L’avantage, c’est que ces séances font généralement redescendre sur Terre, surtout après plusieurs autres séances qui se passaient très bien. Mais je crois que l’essentiel, c’est de ne pas insister ces jours-là.

LES CAVALIERS DE CLUB CONNAISSENT BIEN CE MOMENT DE DÉTRESSE.

Les cavaliers de club peuvent se retrouver avec un cheval qu’ils n’aiment pas ou qui leur fait peur. Personnellement, je sais que ça pouvait suffire à me gâcher une séance en fonction de. Les chevaux ne sont pas toujours des plus agréables et arriver en fin de semaine, le soir, au club pour se rendre compte qu’on monte Pompon le poney fou furieux qui cherche à vous dominer à peine la porte du box approchée à grands coups de dents, cabrés, oreilles couchés, antérieurs qui grattent et cul en avant… Ouais, ça peut mettre un certain coup au moral s’il vous fait peur et que le pansage va être un moment de stress intense.

Ou peut-être que ce soir-là c’est saut et depuis ta chute de l’an dernier, les séances de saut se rapprochent plus de l’heure de torture que d’un moment de plaisir. Ou alors tu te retrouves exceptionnellement dans un cours avec des gens que tu n’aimes pas/qui montent beaucoup mieux que toi/[insérer ici les mentions manquantes].

PROFITER DE CES MOMENTS DIFFICILES !

Mais justement, c’est l’occasion ! Tu peux essayer de vaincre ta peur ou évoquer le problème avec ton moniteur ! Évoquer la terreur que t’inspire Pompon ou cette discipline au programme ce soir pourrait lui donner des pistes pour te faire travailler dans le bon sens. 🙂

Va savoir : Peut-être qu’il t’accompagnera au box pour te montrer comment approcher Pompon sans risquer d’y perdre un doigt (ou un bras, selon le monstre) (certains chevaux sont monstrueux, si si, je vous assure 😛 ) ou pour le recadrer un peu – parfois c’est juste une technique à avoir : lui passer le licol, d’abord le caresser, etc. Peut-être qu’il te baissera les barres ou te fera passer des barres au sol, ou qu’il te donnera un cheval très simple à monter pour dominer ta peur qui te gâchera la séance à coup sûr.

Dans tous les cas, entre en piste en « mode guerrier » (et imagine le son sourd des tambours en fond, ça donnait du courage aux combattants autrefois !)

Il y a toujours à apprendre d’une situation ou d’un cheval, ou même des autres cavaliers, que ce soit en bien ou en mal. La seule règle d’or, c’est de penser à s’écouter aussi un peu. Si galoper sans étrier en mise en selle sur Pompon qui fait un mètre quatre-vingt ne te paraît pas du tout une bonne idée… écoute-toi, mentionne ta crainte.

MAIS CA ARRIVE À TOUS !

Et puis parfois, c’est une séance en solitaire avec ton cheval qui se passe mal. C’est le bordel, la communication ne passe pas, vous tournez en rond et pire ! vous ne savez pas comment y remédier. Le plus simple dans ce cas-là me paraît encore de s’arrêter là avant de réellement s’énerver et surtout de s’énerver sur le poupou qui n’a rien demandé à personne, encore moins à se déplacer en croise-papattes sur la piste juste poussé par votre bulle personnelle au son des appels de langue et en rythme s’il te plaît. (Mais si, on s’est tous un jour ou l’autre énervé sur son cheval après plusieurs dizaines de minutes de dur labeur sans le moindre résultat…)

Donc autant tout arrêter, l’emmener brouter, partir en balade ou revenir sur des exercices ultra-simples pour se remettre un peu de baume au cœur et terminer sa séance sur une note positive. Et puis on est en automne : une promenade en fin d’après-midi avec une telle lumière, ça vaut de l’or, plus qu’une séance inutile où on s’énerve pour du vent. Rien n’empêche de revenir sur le problème plus tard et y réfléchir !

B. ET LA CALAMITÉ DE LA MARCHE EN MAIN.

B. a par exemple beaucoup de mal à suivre en main. Tant qu’il est à hauteur d’épaule et en licol ça va mais dés qu’il est dépassé, il s’arrête. Et pour le refaire démarrer, bien le bonjour ! S’il est en filet, c’est encore pire, il s’arrête tous les deux pas. J’avais donc commencé à le travailler là-dessus mais rien à faire, ça ne marchait pas, il stressait, partait complètement sur le côté dés qu’il entrapercevait le stick (uniquement là pour lui donner des indications sur le mouvement en avant en plus)… Bref, une catastrophe.

Il m’a fallu deux séances-catastrophes pour réfléchir à la question et me dire que bosser dans un petit manège… Bah il y avait des angles. Et très proches les uns des autres par dessus le marché. Alors il comprenait bien qu’il devait avancer mais il finissait par s’arrêter dés qu’on approchait d’un angle. Les coins finissaient toujours pas lui bloquer le passage – enfin surtout moi et le mur.

Du coup j’ai rectifié le tir et on a travaillé ailleurs, dans un espace plus grand, sans toit ni murs (juste des clôtures) et avec des coins beaucoup moins marqués. Merveilleux, magnifique, en dix minutes tout était compris et je montais un slalom pour perfectionner son suivi et qu’il arrête de me marcher dessus quand on tournait. Pas, trot, arrêt… Tout nickel et sans (trop) de stress. Même le stick est devenu un bon ami !

seances_passent_mal_image
– résolution du soucis avec B. en images, par hegozaldi (quel grand art !) –

Tout ça pour dire qu’une séance-catastrophe n’est pas si catastrophique en fin de compte. On passe un mauvais moment mais c’est aussi et surtout l’occasion de se remettre en question, comme un petit signal d’alarme pour nous montrer une faille quelque part. Mine de rien, c’est une super occasion de réfléchir et de comprendre ce qui ne va pas, de mettre tous ses soucis à plat et les examiner pour chercher une solution.

Ça fait réfléchir, grandir et on a plus de chances de s’y prendre correctement du premier coup la prochaine fois ! D’ailleurs, après la série des séances calamiteuses vient souvent une période où tout roule et où la progression est énorme d’un seul coup. Un mois de galères = bien souvent un bon gros bond en avant ensuite. 🙂

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4 Replies to “(#030) Sur ces séances qui se passent mal.”

  1. j’essaye de terminer sur quelque chose de positif, je rentre et le lendemain c’est balade ou séance hyper simple (genre en liberté, en cordelette ou autre) pour retrouver du plaisir et nous rassurer

  2. La balade, c’est bien pour changer, mais des fois c’est là qu’on a des soucis aussi 😉
    La semaine dernière, ma jument était bien énervée, très speed toute la balade, le genre de balade où je me demande si elle a vraiment 19 ans. Quelques jours plus tard, elle était zen et super cool. La différence? Moi. Moi qui avait un engagement le soir où elle était énervée, et donc qui ne devait pas rentrer trop tard. J’étais pressée, donc inconsciemment j’ai du lui transmettre cette « obligation de ponctualité ». Mais ça, je ne l’ai compris qu’après. Le plus difficile dans une séance catastrophe, c’est souvent d’en comprendre la cause! Mais c’est vrai, une fois qu’on a compris, on progresse!

  3. Ah bah… je me suis fâchée avec mon cheval hier et on s’est quitté en mauvais termes.. J’y vais ce soir pour faire la paix, calin et bisous !

    1. Heureusement pour nous, ils ne sont pas rancuniers ! Un bisou, une caresse et ça repart ! (Cela dit, s’ils l’étaient, je crois qu’on devrait beaaaaaaucoup se remettre en question…) Mais après, c’est comme tout, impossible d’avoir une relation sans parfois se fâcher… Tant qu’on sait pourquoi, ça va ! 😀

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