(#005) Changer de club : pourquoi ça peut être une excellente opportunité.

Changer de club, ça peut clairement être effrayant. Tu quittes copains et copines, poneys et chevaux, moniteurs, installations connues… Tu abandonnes aussi une petite routine et toutes les habitudes qui vont avec. Il suffit d’être en plus d’un caractère souffrant passablement de l’inattendu pour opter pour la sage résolution de rester là où tu es.

C’est vrai après tout : pourquoi partir en quête de quelque chose d’autre ? Le mieux n’est-il pas l’ennemi du bien ? La situation pourrait être bien pire que l’actuelle et on pourrait tomber sur un club aux tarifs trop élevés, à la cavalerie parfaitement ridicule ou que sais-je encore… Alors on reste tout en rêvant de partir pour un club meilleur. Différent.

Pour ma part j’ai sauté le pas voilà quatre ans et ce fut la meilleure chose que j’ai eu faite dans le domaine équestre. Monter à cheval est longtemps resté un rêve pour une simple question financière donc quand j’ai enfin eu l’occasion de le faire, je n’ai absolument pas évalué le terrain et j’ai sauté. Je ne regrette absolument pas mes deux premières années dans le club numéro un puisqu’elles m’ont donné mes bases, m’ont permise de passer mes premiers Galops et m’ont probablement évité quelques situations ridicules plus tard. Cependant, je n’ai pas non plus regretté le moins du monde d’être partie. Quelques raisons m’y ont poussée :

  • Je ne progressais plus. Je montais dans un groupe qui me semblait davantage tourné vers l’équitation de pur loisir que vers l’équitation sportive, et malgré ma faible expérience j’étais déjà coincée dans un niveau médiocre. Le contenu des reprises frôlait presque le ridicule pour des cavaliers qui avaient débuté trois ans plus tôt (deux pour ma part, mais nous n’étions que deux dans ce cas-là), à tel point que m’inscrire dans un groupe débutant ailleurs m’aurait sans doute enseigné davantage.
  • La cavalerie ne me convenait pas. Ou plutôt celle qui était à disposition de mon groupe ne répondait pas à mes attentes.
  • L’enseignant a changé, le précédent repartant faire ses études, et le courant n’est pas passé. Mais alors pas du tout. Elle avait un rapport aux chevaux qui me laissait pantoise et sa pédagogie ne m’a pas touchée.

Alors du haut de mon faible niveau équestre, j’ai pris mes valises et je suis partie ailleurs. Cependant, je ne crois pas qu’il faille partir cheveux dans le vent et sac sur l’épaule. Avant de quitter un club que l’on connaît (aussi bien pour ses défauts que pour ses qualités), il faut prendre le temps de voir ce que le reste a à nous offrir. Prendre la température de plusieurs clubs, pourquoi pas s’offrir quelques séances d’essai à droite à gauche, regarder le gérant (important ! Mine de rien c’est souvent lui – ou elle – qui donne à son club toute son ambiance et son esprit) et les différents moniteurs, les gens, les chevaux (si ils font tous la gueule, prêts à vous bouffer dés que vous esquissez un pied vers eux, ne pas s’attarder me semble être une bonne idée)… Bref, l’esprit général.

FAIRE LE CHOIX DE PARTIR.

Je savais qu’en partant de ce petit club familial et surtout très peu cher, trouver la perle rare allait être difficile, aussi ai-je tendu l’oreille. On connaît tous quelques grands clubs près de chez nous, resplendissants en apparence, avec des gens bien habillés et des chevaux limite lustrés… Ben personnellement, je me suis enfuie en courant après avoir adressé la parole à la gérante. Être cavalier de club, oui, absolument. Être une vulgaire consommatrice venue faire son heure hebdomadaire et puis bye bye et merci pour le pognon… Non. Il me semble alors essentiel de retenir quelques points :

  • Savoir pourquoi on part. On peut partir pour des dizaines de raisons et toutes sont autant valables les unes que les autres ! On peut rêver de changement, on peut vouloir voir ailleurs si l’herbe est plus verte, connaître une autre méthode d’enseignement ou changer de disciplines, découvrir d’autres chevaux, d’autres gens, partir parce que ce que l’on connaît ne nous convient plus, par problèmes financiers… Tout peut s’entendre et tout est une bonne réponse. Mais je crois que l’essentiel là-dedans, c’est de savoir pourquoi on s’en va, sinon il y a risque de déception. Et même si l’on sait pourquoi on part, il faut aussi prendre le reste en considération. Si on quitte un club pour trouver moins cher, il faut aussi faire attention à la qualité de ce qui est donné (par exemple).
  • Ouvrir grands les yeux et les oreilles. Parfois les meilleurs endroits ne sont pas en première position sur Google. À ce moment-là, le bouche-à-oreilles permet des miracles.
  • Ne pas oublier que deux clubs ne sont jamais identiques et qu’ils ont tous leurs petites particularités. Peut-être que celui-là qui vous semblait parfait en tout point de vue n’a pas uniquement de beaux Selles Français en cavalerie mais des dizaines de Connemaras… Peut-être faut-il leurs laisser leur chance ?

C’est sur cet état d’esprit que j’ai trouvé mon nouveau chez-moi. J’avais visité quelques clubs autour de chez moi, passablement désespérée par ce que j’avais découvert, quand un ami à mon père lui a parlé du centre qu’il fréquentait. Une révélation, mes amis ! Une révélation. Je suis partie faire une séance d’essai (la première depuis le début de ma quête) et j’ai accroché.

DÉCOUVRIR UN NOUVEL ESPACE.

Alors oui, arriver dans un nouveau club ce n’est pas évident. On ne sait pas qui est qui, quel cheval correspond à ce nom ni où il se trouve (sans parler de ses affaires). Les gens ne cessent de vous interroger sur votre niveau équestre « par curiosité » et ça finit par devenir plutôt gênant. Lors du premier cours, vous pouvez même vous demander franchement ce que vous fabriquez là. Je sais que lors de cette fameuse séance d’essai, c’était bien la première fois que je galérais à poney. Ça m’a paru assez bon signe puisque j’y suis retournée la semaine suivante, moi qui n’avait pas progressé d’un poil à cheval depuis… longtemps.

Si je ne regrette pas le temps passé dans le poney-club numéro un, je ne regrette absolument pas mon choix d’en être partie. À cheval comme ailleurs, il est essentiel de reconnaître quand quelque chose ne nous convient plus. Pourquoi rester coincé dans une routine quand on a la possibilité de trouver quelque chose de mieux adapté ? Et vous, vous voyez du pays ?

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5 Replies to “(#005) Changer de club : pourquoi ça peut être une excellente opportunité.”

  1. En 2008 j’ai changé de club après 6-7 ans dans le même club où j’avais débuté. Je suis partie car je ne me sentais plus progresser & je voulais changer de discipline pour découvrir le saut d’obstacle.

    Alors oui, j’ai découvert l’univers du CSO mais aussi celui des muserolles serrées à bloc, des mors à levier, cravaches, éperons, enrênements à gogo .. J’avais 14 ans, j’ai bêtement suivi mes copines pendant plusieurs années jusqu’à ce que je découvre l’équitation de Philippe Karl.

    En 2010 ou 2011 je ne sais plus trop, je récupère mes affaires pour me mettre au dressage. Plus question pour moi de sauter, j’en étais dégoûtée & j’avais l’impression de mettre les chevaux en souffrance.

    C’est dans l’année 2013 que je me réintéresse au CSO, rencontre mon petit ami de l’époque qui, avant de l’être, me remettait en confiance sur les barres jusqu’à, en trois séances seulement, me faire enchaîner un tour à 130-135 avec la jument que je montais à l’époque.

    Tout est allé très vite, le CSO est redevenu mon intérêt principal en compétition & je débute ma première saison de concours en amateur l’année 2014 avec différents chevaux que l’on me confiait. Puis en 2015 avec la jument que je m’étais achetée.

    Maintenant, je monte chez moi & j’ai ENFIN trouvé le coach qui me convient, qui s’adapte à mes chevaux & qui surtout n’émet AUCUN jugement sur ma façon de gérer mes chevaux comme le faisait ma coach précédente.

    Le changement a vraiment du bon !!!

    1. C’est clair que ça a du bon ! Le changement permet de se faire déjà des points de comparaison, donc de forger son propre avis. En restant au même endroit, à entendre les mêmes gens sur les mêmes sujets, on finit par se convaincre qu’ils ont parfaitement raison. En augmentant ses horizons et en croisant des personnes différentes, des façons de faire parfois radicalement opposées, on finit par se dire que telle chose était bien, mais que cette chose-là n’est pas mal non plus… Et puis à rester bloqué dans ses habitudes, on risque de louper des trucs bien meilleurs ailleurs.

      Et c’est super si tu as trouvé la coach qui te fallait ! De quoi t’amener pile vers ce que tu souhaites comme ça. 😀

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