(#065) Cavalcade des blogs – Question de confiance.

Article cavalcade des blogs sur question de confiance pour blog ponydriver

Ce mois-ci la cavalcade des blogs (à laquelle j’ai déjà participé à de multiples reprises, comme ici avec cet article sur la vérité vient du cheval, ou encore ici sur l’athlète heureux) revient sur PONYDRIVER ! Cette quarante-quatrième édition est lancée par Cavali’erre sur le thème de la confiance. Un thème vaste donc mais qui m’inspire bien ce mois-ci. 🙂

Pour rappel, la cavalcade des blogs est un concept initialement lancée sur le blog Cheval-Facile par Gaëlle. Chaque mois, un blog héberge une édition et lance un thème, fédérant la communauté virtuelle dans la rédaction d’articles en lien avec le sujet. J’aime tout particulièrement ce concept qui donne toujours naissance à de beaux articles qui prouvent la diversité des interprétations et des ressentis d’un sujet commun. Pour ce mois-ci, c’est à toi, B., que je vais parler.

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Juste pour toi, B., ces quelques mots.

Tu sais B., il y a eu beaucoup de remises en question depuis que l’on se connait. Il y a eu ces moments où je me suis demandée si je faisais bien de m’accrocher à toi, si j’avais raison d’être aussi têtue et de ne vouloir que toi, de ne jurer que par toi. Il y a eu ces mauvaises séances où on ne se comprenait pas, où on se fâchait, où rien n’allait. Où ce n’était plus que du conflit, avec un qui tire dans un sens et l’autre qui tire encore plus fort dans l’autre. Il y a eu tous ces fouaillements de queue, tous ces jurons, tous ces moments où je suis partie agacée en te plantant là, toi et ton air figé, les oreilles en arrière et la mâchoire serrée. Je sais, je n’aurais pas dû mais je n’y pensais pas dans ces instants-là parce que j’étais juste fâchée.

Il y a aussi eu ces moments en balade où je me suis dit qu’on avait définitivement rien à faire ensemble et que les coups de coeur, c’était bien mignon mais ça ne menait à rien de bon. Il y a eu ces désaccords où tu as essayé de me faire descendre plus vite que prévu parce que je t’agaçais, et ceux où je râlais parce que tu m’agaçais aussi. Et puis il y a eu ces moments en concours où on a fait n’importe quoi, toi à avoir peur d’une feuille, moi du jury et de la pression. On ne se faisait pas du bien, Bae, dans ces moments-là : on s’empoisonnait un peu l’existence à se poser des questions, à s’opposer, à se dire « et si…? ». Et si je ne t’avais pas choisi ? Et si je ne t’avais pas pris en DP ? Et si j’avais tourné les talons pour voir un autre poney plutôt que de m’accrocher à toi ?

Il y a eu lui aussi, ce petit cheval gris à qui et avec qui j’ai appris beaucoup de choses. J’ai coupé mon temps poney en deux pour en passer beaucoup avec lui, prendre le temps de l’approcher, de le panser, de le longer, de le monter. J’ai fait plein de choses avec lui que je n’avais jamais fait avec toi – que je ne ferai jamais avec toi – et qui m’ont forcé à te mettre un peu de côté.

« Je suis partie, B. Je suis partie trois mois, loin. »

Et puis je suis partie, B. Je suis partie trois mois, loin, sans moyen de te voir. Je suis partie en Irlande pour voir d’autres chevaux et d’autres endroits, pour monter ailleurs et faire d’autres choses. Je suis partie, B., mais j’avais des photos avec moi sur lesquelles je m’arrêtais quelques minutes chaque fois que je les voyais. Je les regardais et tu sais quoi ? J’étais heureuse. J’étais heureuse de te voir et de pouvoir voir toutes tes qualités, loin de toi. J’étais heureuse de tous ces souvenirs et de tout ce que j’avais avec toi. J’étais heureuse de t’avoir dans mon quotidien. Tu m’avais donné des ailes, B. Tu m’avais donné envie de réussir, de concourir, de gagner, de sortir seule avec toi juste pour le fun. Tu m’avais donné envie d’être exclusive à un seul cheval et d’arrêter de papillonner pour ne plus me concentrer que sur toi. Il y a eu des écarts mais ça a toujours été toi.

Chaque fois, j’avais confiance : si je partais, ça resterait toi à mon retour. Si je me consacrais à un autre poney, il ne te remplacerait pas. Va savoir… Ça a été toi dés que je t’ai vu, du haut de tes quatre ans, dans cette stalle. Je n’avais pas envie de te monter, B., et j’avais peur aussi… Mais ça a été toi. Je n’aime pas les poneys gris, je n’aime pas les feignants, je n’aime pas les jeunes qui ne savent rien… Mais j’ai eu confiance en toi : ce serait avec toi que je ferais un bout de route. J’ai eu assez confiance en toi pour partir sur mon premier cross avec toi, pour notre première expérience en complet (#yolo, n’est-ce pas B. ?)

« C’est peut-être ça, la confiance ? »

Et puis je suis tombée, B. Même pas de toi, mais je suis tombée et je me suis fait mal et peur. J’ai vu toutes les conséquences d’une petite chute anodine, d’une vulgaire erreur d’inattention de ma part. Tu imagines, B. ? Je ne pouvais plus rester au bord du manège à entendre des chevaux galoper sans avoir toutes ces images en tête, ces idées d’accident, cette panique dans la poitrine. Moi qui aimais tant le cheval, qui en avait littéralement besoin pour vivre, je tremblais de terreur au simple son de poneys sautant des obstacles et galopant. Mais je suis remontée dés que j’ai pu, B., avec toi, et je n’ai pas eu peur. J’ai appréhendé, j’ai eu une petite boule au ventre, mais je n’ai pas eu peur avec toi, jamais. J’avais complètement confiance en toi (et pourtant, tu sais combien tu peux avoir de drôles d’idées parfois). Je suis remontée au pas un jour, et même au trot, puis j’ai ressauté, et ressauté encore, j’ai galopé, je suis sortie seule dehors… Chaque fois, il y avait cette appréhension mais jamais de la peur, Bae-chou. Jamais.

Va savoir, c’est peut-être ça, la confiance ? Suivre un autre les yeux fermés, sans douter, sans refuser ? C’est y aller en sentant une touche d’inquiétude en soi mais sans se dérober parce qu’on sait que ça ira ? C’est faux en plus, on s’est déjà faits peur plusieurs fois ensemble, toi et moi… Mais on continue l’air de rien. Je ressaute avec toi, sans peur, comme avant, juste après quelques semaines de reprise et très peu de remise en confiance. Tu pars seul en extérieur sans trop te poser de question avec des mois sans… Est-ce que me fais confiance, B. ? Parce que moi oui. Depuis le début, à 100%.

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2 Replies to “(#065) Cavalcade des blogs – Question de confiance.”

  1. Très beau texte <3

    1. Merci ! ♥

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